Selon l’ucofem, 31% des femmes congolaises ne sont pas des professionnelles de la politique

L’Union congolaise des femmes des médias vient de rendre public les résultats d’une étude réalisée au début de cette année sur les freins à la participation politique des congolaises, notamment en période électorale. Cette enquête a été réalisée avec l’appui d’INTERNEWS dans  le cadre du projet « Libres et Responsables : Protéger la liberté de presse pour le débat démocratique en RDC », sur fonds de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) du Ministère Suisse des Affaires Etrangères.

L’objectif de cette étude considéré comme un instrument de sensibilisation pouvant encourager les femmes dans leur chemin vers la parité était  de promouvoir la participation de ces dernières dans le secteur des médias et dans le processus démocratique et  de prévenir et  lutter contre les violences électorales et la discrimination contre les femmes pendant le processus électoral

La cérémonie de Présentation  officielle a eu lieu le vendredi 07 avril dernier à sultani hôtel, devant des personnalités de toutes tendances. La Présidente de l’Ucofem, Anna Mayimona a, à l’occasion, identifié les principaux freins et les obstacles à la participation politique féminine.

Selon l’étude,  les interviewées politiquement engagées ont fait principalement des études en sciences sociales et administratives, en économie et gestion, en droit et en politique et révèle entre autre que 31% de femmes ne sont pas des professionnelles de la politique, elles ont une autre occupation en dehors de la politique : employées dans le secteur public et privé, commerçantes, et quelques femmes au foyer.

En effet, la participation des femmes en politique reste très limitée avec à peine 10% de représentation au parlement et 13% dans le gouvernement. Cette étude spécifique tombe à propos car, pour l’UCOFEM, elle pourra d’une manière ou d’une autre, enrichir la documentation sur la question liée à la faible participation des femmes dans les débats démocratiques et servira, désormais, d’un outil de référence en matière de plaidoyer et de sensibilisation pour l’amélioration de l’implication des femmes en politique, notamment dans le contexte électorale.

L’échantillon sélectionné présente un taux de 17,6% de femmes engagées en politique. Ce pourcentage est supérieur à celui des femmes siégeant au Parlement (10%). Parmi ces 194 femmes actuellement engagées en politique, la plupart exercent des professions politiques et institutionnelles, mais 31% d’entre elles ont une occupation habituelle en dehors de cette sphère : employées dans le secteur public et privé, commerçantes, et quelques femmes au foyer.

Au regard de l’analyse du profil spécifique des femmes politiquement engagées, il existe une corrélation entre le niveau d’instruction et la participation politique active. Le taux d’engagement en politique, qui est presque inexistant (1,4%) parmi les femmes les moins instruites de l’échantillon, présente un pic dans le groupe des femmes ayant un diplôme universitaire (25,7%).

Manuela Malchiodi, chercheuse de l’Oservatoire de Pavie a, à cette occasion, présenté les différentes approches méthodologiques qui ont permis de matérialiser l’étude. En effet, cette étude a bénéficié de l’appui technique de l’Observatoire de Pavie, un institut de recherche italien qui s’intéresse depuis 2012

Les cinq approches méthodologiques utilisées sont notamment,  la recherche documentaire, une enquête sur le terrain qui a administré 1100 questionnaires aux femmes de 12 villes du pays  pour collecter leurs opinions ; les groupes de discussions qui se sont déroulés dans les provinces, en impliquant pour chaque ville ciblée dix personnes issues de différentes catégories : membres des organisations de défense de droits des femmes et des églises, leaders coutumiers, jeunes, membres de partis politiques et de groupes d’intérêt ; les entretiens individuels auprès des personnes ressources au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), du Ministère de Genre, de la Famille et de l’Enfant, des ONGs et auprès des experts d’agences nationales et internationales engagées dans la promotion des femmes ; et la collecte de cas d’étude.

La présence des femmes en politique reste marginale avec à peine 10% de représentation au Parlement et 13% dans le gouvernement. A quelques exceptions près, elles sont sous-représentées aussi dans les institutions politiques provinciales, exécutives et législatives.

Les différents volets de l’étude ont mis en évidence une imbrication de facteurs qui font obstacle à la participation féminine, en s’influençant réciproquement : les facteurs institutionnels, qui comprennent les dispositions législatives, les règles et procédures d’éligibilité, et les systèmes des partis politiques; les facteurs sociaux, qui comprennent les niveaux d’emploi, de revenu et d’éducation des femmes, et la division du travail dans la famille ; les facteurs culturels, qui incluent les croyances sur les rôles appropriés de genre par rapport à la politique et plus généralement à la sphère publique.