La femme et la politique : incompatibilité, discrimination ou exclusion ?

La République Démocratique du Congo se prépare à un troisième cycle électoral d’ici la fin de l’année 2017 après ceux de 2006 et de 2011 auxquels les femmes ont participé comme électrice, mais aussi comme candidates. Lors de la campagne d’identification et d’enrôlement des électeurs de cette année, le taux de participation des femmes est évaluée par la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI) à seulement 49% pour les quatre provinces de l’ex Katanga à savoir le Haut-Katanga, le Lualaba, le Haut-Lomami et le Tanganika.

Il est  un fait qu’actuellement, les femmes  sont majoritaires dans les associations, les partis politiques et même dans les églises. Cette présence remarquable constitue une force à exploiter. Mais malheureusement, en politique, elles sont en nombre insuffisant. Pour cause, elle-même se constitue en obstacle malgré de multiples campagnes de sensibilisation  organisées par différentes organisations locales, nationales et internationales.  Leur participation en politique est jugée faible.

Le dérapage observé dans le comportement de certains hommes et femmes politiques ont pu faire croire que tout ce qui est politique est d’office démagogie, légèreté de comportement, détournement, etc…   Au regard de ce qui précède, nous pouvons comprendre  pourquoi certaines femmes éprouvent beaucoup de réserves à intégrer la politique d’ une manière ou d’ une autre. Pour certains, la femme constitue elle-même  son propre obstacle  en dépit de toutes les  campagnes de sensibilisations. Elle est le plus souvent à côté de l’homme comme une spectatrice et l’homme l’utilise comme un  tremplin.  La conséquence  réelle qui se présente à nos yeux est telle que nous sommes  loin d’atteindre les objectifs du millénaire qui prônent un monde 50/50 entre les hommes et les femmes à l’horizon 2030.

Plusieurs instruments juridiques nationaux consacrent le droit de la femme en RDC ; c’est notamment la constitution et  la loi sur la parité.  Ces textes souffrent du manque d’application comme c’est le cas de beaucoup d’autres lois votées et promulgués  en RDC.  Plusieurs facteurs influent à la faible implication de la femme en politique ; c’est notamment La sous information et la non éducation de la femme, l’absence d’ambition politique, l’égoïsme de l’homme, la vie de couple, la faible représentation des femmes dans les institutions et  certaines églises conservatrices et traditionnalistes. Il faut également noter les us et coutumes rétrogrades qui freinent l’épanouissement de la femme.

Malgré  ce sombre tableau de la femme en politique, il est heureux de constater que la femme, au nom de la parité et de l’ égalité des droits hommes-femmes, prenne conscience de sa participation à la gestion de la chose publique surtout au niveau des instances de décisions où elle a été absente pendant des années. Dans le Haut-Katanga, il est heureux de constater la présence de la femme au sein de l’Exécutif  provincial et de l’Organe délibérant. Cependant, Il est difficile à la femme de faire changer la société, car  les femmes sont minoritaires dans les structures traditionnelles et les institutions de la République.

Au sein des partis politiques et  certaines associations, c’est d’abord les intérêts du leader  qui sont défendus ;  c’est par exemple l’engagement des membres au sein des partis politiques  qui fait partie des critères  de choix des candidats à proposer aux différents postes. Un critère qui ne favorise pas la méritocratie.

L’accès  des femmes  politiques aux médias  n’est pas équitable. Les ressources financières ne sont pas  autant reparties  au sein des partis politiques. Et les faibles stratégies que montent  les femmes pour faire leur promotion lorsqu’il faut briguer un mandat constituent aussi  des freins à l’épanouissement de la femme en politique.

Si leur participation en politique n’est pas toujours décriée, elles sont  néanmoins à encourager malgré qu’au sein des partis politiques les quotas ne se discutent pas. Dans tous les cas, il revient aux de femmes de se battre  pour espérer  changer la donne d’ici 2030.

Sylvie Manda, journaliste